LE MOYEN AGE

 

LE NOM DE CAUSSOLS

C'est par un acte de la vie religieuse que nous trouvons, dans l'histoire, la plus ancienne mention du nom de Gaussais. Il s'agit de son église, "ecciesiam de Calsolis", dans une "pancarte" du Pape Adrien IV qui confirme à Raimond 1er, évêque d'Antibes, les domaines et dîmes de son église, et qui est datée de Rome le 24 Novembre 1158. S'agit-il de l'église actuelle, ou, tout au moins de son emplacement ? En l'absence de fouil­les précises, on ne peut que le penser, mais non l'affirmer.

Pour fixer les idées, à cette époque, la Provence était indépendante du royaume de France. Le comte de Provence était Raimond-Béranger le jeune. Il avait 22 ans, et était encore sous la tutelle de son oncle, Raimond-Béranger II, le vieux, comte de Barcelone et Prince d'Aragon.

On retrouve mention de l'église, en différents actes ultérieurs, qu'ils serait fastidieu de mentionner, si ce n'est pour l'orthographe employée : "ecclesiam de Causols" le 13 février 1189 de Rome, et "ecclesiam de Gazolis" ou de "Caussoulx" ou de "Caussolz", dans une séparation de biens, jusque là indivis, entre l'évoque d'Antibes et le chapitre, acte daté à Senez le 3 Septembre 1242.

 

LES SEIGNEURS

C'est au XIIe siècle que l'on trouve le premier seigneur connu de Caussols, mais, on ignore son prénom. L'on sait, toutefois, qu'il appartenait à la maison De Grasse.

Plus tard, ce sont deux descendants, Targe et Bertrand, qui échangent leurs possessions, c'est-à-dire que Bertrand donne à Targe le château de Gaussais, et reçoit de lui le château de Cabris (13 Mai 1216).

A cette époque, le comte de Provence est Raimond-Béranger V (1209-1245), mais il ne sera majeur qu'en 1219, et, est encore sous la tutelle de sa mère, Garsende de Sabran, com­tesse de Forcalquier, ainsi que de quelques conseillers avisés, comme Romée de Villeneuve. Néanmoins, il légifère déjà, tendant à prendre le contrôle des cités où des seigneurs avaient tendance à s'émanciper. Ce sera le cas pour Grasse.

Le 11 Septembre 1222, il confirme un accord entre Targe et Bertrand, selon lequel les "hommes", soit les habitants de Gaussais et de Cabris ne pourraient aller se fixer à Grasse et échapper ainsi à leurs obligations et à leurs juridictions. Le 20 Juin 1224, le même comte de Provence concède à Targe la plupart de ses droits sur Caussols. C'est un privilège d'immunité qui exempte Targe des droits d'Albergue et de Cavalcade (l'albergue était un droit pécuniaire qui ressort de l'héberge­ment ou droit d'auberge, et le cavalcade est un droit de chevauchée qui sera ensuite confondu avec l'Ost).

Ainsi donc, en 1226, Targe est solidement établi à Gaussais, et il donne le "pasquerin" au monastère de Valbonne, qui avait été créé en 1199. C'était un droit de paître pour les troupeaux.

Enfin, en 1227, nouvelle approbation par le comte de Provence des accords de 1222.

Targe avait un fils, Tarjonnet, mais, nous ne savons plus rien de lui après 1227. Nous trouvons, par contre, un deuxième fils, Bertrand de Gaussais. En résumé donc, la suite connue des seigneurs de Caussols, de la fin du XIIe siècle, jusque vers la moitié du XIIIe, serait la suivante : J. de Caussols — Bertrand de Caussols — Targe de Caussols — Tarjonnet — Bertrand de Gaussais.

Arrivé à ce point de notre petit exposé, deux remarques peuvent être faites 

  •  D'après les documents, il apparaît qu'une modeste communauté existait au début du XIIIe siècle, avec des relations avec le comte de Provence. L'autorité religieuse existait également, par une petite église.
  •  Toujours en l'absence de fouilles, nous sommes réduits à des spéculations sur la matérialité, sur le terrain de cette communauté. Le terme de château ou de "castrum" ne doit pas faire illusion. L'ancien camp celto-ligure de ville vieille, comporte les restes d'une petite tour carrée au centre, et les murs de défense devaient être complétés par des palissades en bois. Les pentes sud, bien exposées au soleil, présentent encore des éboulis et quelques tuiles "romaines", sans doute les témoins d'habitations modestes. Il n'est pas impossible, également, que le Fanguet, ait vu quelques demeures et quelques bergeries.

A la fin du XIIIe siècle, apparaît une femme, Raibaude ou Raybaude de Caussols. Elle était la fille de Bertrand, et, épouse, à une date que nous ignorons, de Reforciat d'Agout. De ce fait, la seigneurie de Caussols va passer entre les mains de cette famille. Cependant, son mari fait un testament en 1297, il est donc vivant, et, en 1309, dans un texte d'hommage, Raybaude est donnée comme veuve.

Entre ces deux dates, se situe donc, vraisemblablement le décès de son époux, et l'on retrouvera le nom de Raybaude, jusqu'en 1345, gérant ses biens caussolois. Outre ceux-ci, elle possédait la seigneurie de Cipières st de Gréolières haute, et, aussi, on la voit figurer dans des actes passés à Trets. Elle semble résider tant à Caussols, qu'à Cipières, avec sa cour. Elle s'occupe activement de l'administration de ses biens, location des fours, moulins (pour Cipières), question de dépaissance, corvées de charroi, statuts de l'élevage, protection des défens, etc.., et, est assistée de son propre notaire

 

LES DROITS DU COMTE DE PROVENCE

Celui-ci (Raimond—Béranger V) semble revenir sur ses libéralités que nous avons citées ci-dessus.

Les statuts de Fréjus (sorte d’état économique général du comté) précisent, le 7 Octobre 1235 que le castrum de Caussols devait fournir un chevalier armé, conjointement avec Cipières au titre de la cavalcade. L'enquête comtale de 1252, nous indique que le comte s'était réservé à Caussols le "majus dominium", la haute justice(homicides), les questres, l'elbergue (6 livres), et, bien entendu, la cavalcade, soit un chevalier, mais non cuirassé. Il n'est plus question de conjonction avec Cipières. A cet égard, Guillaume Cafard et Pierre Lombard de Caussols, prêtent serment sur ce qui est indiqué ci-dessus.

En 1297, et en 1333, les droits du comte n'ont pas varié. Notons, pour fixer les idées, que Charles ter d'Anjou (1245-1285) le jeune frère de Si Louis est devenu compte de Provence en épousant, an 1246, la quatrième fille de Raimond-Béranger V héritière. Ses ambitions italiennes font qu'il a besoin de beaucoup d'argent.

 

LA POPULATION

Il semble qu'elle ait été relativement nombreuse au XIII° siècle. Le taux de l'albergue était, en général, de 12 deniers par feu, le rendement de celle-ci s'élevait à 120 sous, en 1252. On peut en déduire qu'il avait plus de 100 chefs de famille. Le 9 octobre 1325, Guillaume Gayberius, vice-beyle de Caussols, fait publier par son crieur Pierre Brun, sur l'ordre de "l'égrège et puissante dame Raybaude de Gaussais" que tout homme de plus de 14 ans, ait à comparattre devant la Cour de Caussols, pour y tenir parlement, devant Dugon de Boleriis, recteur de ladite Dame, et ce, sous peine de 5 sous. Tous les hommes qui assistèrent, engagèrent promesse par devant Maître Jacques Bonasse, notaire, de régler les dépenses faites par leurs syndics.

  • Le 25 juillet 1337, il est un statut de l'élevage, sur la base d'un accord conclu entre le seigneur et les habitants. Il était interdit, aux boeufs de labour, et aux troupeaux, d'aller dans les défens de Villevieille, et ce, de la miavril à la Toussaint.

 

  • Le 29 Août 1345, le crieur public de le cour de Gaussais est Foulques Ymbert. Il agit eu nom du Bayle Guillaume Pans, qui représente "magnifique et puissante dame Raybaude de Caussols et de Cipières". Foulques Ymbert convoque tous ceux qui "faisaient feu" dans le castrum• pour se présenter le lendemain matin, au levée du soleil, sur la place du castrum, où, l'on avait coutume de réunir les hommes en parlement. Le jour suivant, donc, un de ces hommes Guillaume Gayberius, fils de feu pierre, demande, "avec humilité", aux hommes de condition servile, d'autoriser dame Raybaude, à l'affranchir, lui et ses descendants, des corcées de charroi. Les hommes présents consentent et le déclarent, aussi bien à l'intention de dame Raybaude, leur seigneur, qu'à celle de Pierre Garin, son notaire.

C'est un véritable acte d'affranchissement qui est ainsi passé, portant sur toutes les corvées, les tailles, les qates, les services et redevances. La condition des hommes de Caussols était donc encore, celle des "Maleservi"„ soit, des plus rudes, en raison des droits de casernent, corvées, tailles, banalités; Ils étaient liés è leur casernent, et ne pouvaient les laisser sans encourir la commise, c'est-à-dire le reprise seigneuriale,.qui jouait également en cas de décès, sans héritiers directs.

La population vivait donc de cultures de céréales, d'élevage et un peu d'apiculture.

Ces actes sont également importants , nous avons la liste des hommes qui y participèrent. En 20 ans, soit de 1325 à 1345, leur nombre est passé de 22 à 29, mais, plus de le moitié sont des nouveaux venus. Une comparaison avec d'autres villages (voit vers 1337), fait soupçonner, soit une forte mortalité, soit un "déguerpissement" notable, ce, malgré les sanctions prévues.

  • A la mort de Raybaude, un de ses petits fils, Réforciat d'Agout parait lui succéder. Il s'est marié en 1354 et figure dans cet acte, comme seigneur de Gaussais. Le 20 Juillet 1368, Réforciat concède le territoire de Gaussais à des habitants de Cipières, en y installant 33 familles.

C'est donc bien un repeuplement confirmant le "déguerpissement" indiqué ci-dessus.

 

L'EGLISE

Revenons un instant à ce sujet en indiquant qu'elle était vouée à Saint-Lambert, suivant une première mention figurant dans un acte de 1226. En 1389, son rapport s'élevait à 74 sétiers de blé. (le sétier avait une valeur variable, mais l'on peut approximer à 0,4 litre). C'était le deuxième rapport de la région après St-Vallier. Le chapitre possédait à Caussols, un prieuré que rien ne nous permet actuellement de localiser, mais qui pourrait bien être à la ferme actuelle de la Celle. Le desservant était, en 1337, Caste, ancien Prieur de St Pierre de Grasse. Celui-ci nous donne l'inventaire du mobilier de l'église ou rien de particulier est à signaler, si ce n'est un calice d'argent.

Reprenons le repeuplement de Caussols, il semble ne pas se maintenir. Une série de calamités frappent la Provence, sans que l'on puisse affirmer que notre commune soit seule à les subir. En 1364, c'est une grande période de sécheresse, suivie d'un vent torride et d'un invasion de sauterelles. Après 1356, ce sont des bandes armées (les routiers) qui pillent la Provence,et les noms d'Arnaud de Cervols et de Raymon des Baux sont tristement célèbres. C'est ensuite la lutte des Anjous et des Duras . En 1385, treize habitants de Cabris se réfugient à Grasse, fuyant les partisans des Duras, qui écument le haut pays. En 1387, c'est Raymon de Turenne qui prend le relais. Enfin, en 1392-94, en 1416, et de 1451 à 1470 ce seront des épidémies de peste.

Réforciat décède à une date que nous ignorons, et sans postérité. Il semble qu'il y ait eu des contestations avec la famille des Pontévès, mais les Agout conservent la seigneurie.

Un détail curieux : en novembre 1407, un nommé Gastaud, qui était "Masellier", soit fournisseur de viande de boucherie du Pape Benoit XIII (anti—pape), il a conduit, vivants, 40 moutons à l'Ile St Honorat, venant de Caussols.

 

L'AFFOUAGEMENT

Il s'agit d'une unité pour le recensement des communautés permettant de les imposer pour le pouvoir central. Sa définition est trop complexe pour cette modeste étude, mais nous nous bornerons à considérer que cette unité n'est pas sans rapport avec un foyer d'habitation. Au réaffouagement de 1400, Causolis (Caussols) est porté comme lieu inhabitata (inhabité). Cela ne signifie pas, pour autant qu'il n'y ait plus d'habitants mais, administrativement parlant, il n'y a plus d'imposition. Le terroir est baillé à des gens de Cipières qui viennent y faucher le foin. 44 y tiennent des biens, dont 27 y possèdent des bastides ou des granges. Il en est de même pour Canaux. A titre d'exemple, Cipières est affouagé pour 19 feux, chiffre qui tombera à 5 feux en 1471.

En 1418, Guillaumet d'Agout, neveu de Raybaude est seigneur de Caussols, et, semble-t-il, de Cipières. Le 12 Septembre 1445, il afferme pour dix ans, aux Simosse de Grasse, tous les revenus de Cipières et de Caussols, et d'une partie de Mouans, ce pour le somme de 400 florins.

En 1479, le prieur de l'église est Jean Fulconis. Il est autorisé par le chapitre à emprunter 20 ducats d'or, pour faire lever les Bulles d'union du prieuré à la menas épiscopale de rasse, publiées en 1448.

En 1486, des réparations sont faites à l'église. Martre Martin de Bruneta, de Cipières, s'engage à réparer les murs et la porte, en ruine, à couvrir l'édifice avec des tuiles, pour le prix de 36 florins, plus une charge de blé. Il fournira tous les matériaux, à l'exception des  tuiles, qui lui seront fournies par le chapitre. Il est question de condamner la vete de la vieille chapelle de St Esprit.

Raimond d'Agout, fils de Guillaumet succède à Guillaumet (1480-1503 ).

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